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Vous avez dit : ‘’Maladie’’

Le 15 octobre 1987, l’ex emblématique et président du Burkina, Thomas Sankara, de vénérée mémoire, a été assassiné par ses compagnons d’armes. Sur son certificat de décès quelques jours après, on pouvait lire ‘’Mort naturelle’’.

Depuis lors, plus rien ne doit surprendre quand il s’agit de justifier certains décès sous les tropiques. C’est le cas de dame Prudence Amoussou décédée le 02 mai 2019 à Cotonou suite à l’intervention musclée des forces de défense. Et nous voici face à ce décès à polémique et à température politique négative. Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Dès l’entame, il faut apprécier à sa juste valeur cet exquis du gouvernement de rendre les corps des victimes de la répression de Cadjèhoun. J’étais sceptique au regard de la posture de nos autorités. J’ai même fait le pari que la remise des dépouilles de Cadjèhoun ne serait effective qu’après le 6 avril 2021. Mais le gouvernement de la ‘’Rupture’’ a compris qu’il était impérieux de remettre les dépouilles afin de permettre aux familles de faire le deuil. C’est un principe de vie surtout pour nous africains ressourcés.

Quelle est la cause de la mort de Dame Amoussou ? Les voix officielles me répondent : «Maladie». Peut-on alors absorber l’horreur pour rendre ce corps de manière sereine à sa famille ? Si c’est par la maladie qu’on tente d’expliquer cette mort, je vois et je comprends que la raison d’Etat, le secret d’Etat et le secret médical, ont su trouver des passerelles. L’un n’est pas sans l’autre surtout dans les conditions funestes du déroulement de ce drame de Cadjèhoun, les 1er et 2 mai 2019.

En effet, dans les coulisses de la mort ce-jour-là, suite aux artères qui s’ouvrèrent comme un livre, il n’était pas difficile de savoir ce que dame Amoussou faisait-là. Et la suite on la connait. Au regard du mode opératoire des forces de sécurité venues pour rétablir l’ordre (c’est le job), sans ambages, elle n’était ni militante ni activiste. C’est une victime innocente qui s’est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment lors des événements sanglants de Cadjèhoun alors qu’elle s’acharnait pour son gagne-pain et son vécu quotidien.

Morte comme d’autres dans un pareil contexte, alors, que vient chercher cet euphémisme disgracieux de ‘’Maladie’’. De quelle maladie s’agit-il ? Celle ‘’des tirs ’’ ? Dès lors, il faut que le secret médical travaille davantage en intelligence avec la raison d’Etat pour mieux nous convaincre.

Malgré tout ce temps qui a été mis pour être en phase avec ce contentieux administratif, parler de ‘’Maladie’’, n’est pas normal. Après ce drame suivi en direct sur les inforoutes de la communication, que cette dépouille qui doit s’offrir de beaux colliers, soit suspectée de ‘’maladie’’, est inadmissible.

Entre ce qu’on devine être une ‘’réalité politique’’ liée à un contexte politique, on ne doit pas intercaler une galerie morbide de portraits de défunts. On pouvait faire autrement dans cet art difficile qui demande précision pour redonner vie à des familles littéralement désemparées.

‘’Maladie’’ ou ‘’morte par balles’’ ? Alors, difficile d’accepter cette ‘’vérité tactique’’ employée par certains. Mais comme dans le cas du Burkina où Thomas Sankara a été assassiné, en dépit de la version des idiots utiles qui parlaient de ‘’Mort naturelle’’, tout a fini par se savoir. Des années après, les événements relatifs à ce jeudi du 15 octobre 1987 à Ouaga, on a au moins compris ce qui s’est passé. Qu’il en soit ainsi au Bénin. J’ai foi.

Par Titus FOLLY

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