BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Violences à Cadjehoun au Bénin : perte sèche pour les commerçants de la localité

Les événements du 1er et 2 mai 2019 ont plombé les affaires à Cadjehoun, l’un des quartiers d’affaires, où s’opèrent beaucoup de transactions et d’activités commerciales. Si l’on peut faire l’inventaire des dégâts matériels, il serait difficile d’estimer le manquer à gagner des structures dont les activités peinent à reprendre.

Hôtels, restaurants, banques, maisons d’assurance, supermarché, boutiques, poissonnerie, salons d’esthétique, de couture et de coiffure représentent autant d’activités ayant désormais du plomb dans l’aile depuis les deux jours de protestations populaires qu’à connues Cotonou au lendemain des législatives du 28 avril 2019 au Bénin.

Vendredi 10 mai. Il est 9h18 mn à Cadjèhoun. Nous sommes non loin de l’église Bon Pasteur. La circulation est fluide et chacun vaque à ses occupations. Toutes les structures et services ont ouvert leurs portes. Derrière ce calme apparent, des dizaines de commerçants, tenanciers, propriétaires de boutiques et autres structures de prestations de services n’ont pas encore réussi à oublier les événements du 1er et du 02 mai passés qui ont sans nul doute plomber leurs affaires.

En effet, les affrontements du 1er et 2 mai 2019 au-delà des dégâts matériels a porté un coup dur aux activités dans ce quartier. Pendant plusieurs jours, les activités ont tourné au ralenti. Et si Cadjehoun a repris vie, les commerçants et propriétaires des structures citées plus haut n’ont pas encore retrouvé tous leurs clients qui ont dû prendre leurs jambes au cou lors des échauffourées qui ont duré deux jours.

Espérant retrouver leur train de vente après le soulèvement populaire de Cotonou, ces hommes d’affaires et commerçants sont toujours en attente. Certes, le quartier a repris son cours normal mais les activités ne suivent pas le pas.

«Nous étions loin de nous douter que les tensions politiques pouvaient aussi impacter les activités économiques des petits commerçants que nous étions. En trois jours, notre chiffre d’affaire a chuté de façon drastique. Des grossistes et semi-grossistes venaient s’approvisionner tôt le matin afin d’aller redistribuer les poissons aux dames qui les fument, au restaurant qui les braisent et autres particuliers qui en vendent de diverses manières. De trois millions de livraisons tous les matins, nous nous sommes retrouvés à 900 000 FCFA», explique Roger Tamadou, un gérant de poissonnerie à Cadjehoun.

Godfrey H., gérant d’un supermarché à Cadjehoun se confie aussi: «Pendant quatre jours, nous n’avons pas vendu la moitié de ce qu’on vendait d’habitude. Ici nous brassons des millions. Chaque jour, nous faisons une recette d’au moins 12.000.000 de F CFA . Depuis le 02 mai jusqu’à ce jour, nous n’avons pas encore atteint huit millions. Tout porte à croire que certains de nos clients ont déménagé ou n’ont plus reconnu le chemin qui mène à notre supermarché qui était pourtant très prisé.

Personne n’a été épargné…

Pour certains, ce n’est qu’après l’installation des députés de la 8ème législature qu’on saura si Cadjèhoun demeurera calme. Pour l’heure, ils préfèrent se tenir loin de la zone afin de ne pas être pris dans une autre altercation.

«Depuis des manifestations à Cadjèhoun, j’ai du mal à collecter les épargnes comme autrefois. Les commerçants estiment que tant qu’ils ne vont pas retrouver leur cagnotte habituelle, ils ne pourront honorer leur épargne quotidienne. C’est dommage parce que cela constitue pour nous un manque énorme à gagner. Nous sortons avec en tête de collecter plus de cinq millions et on rentre avec la moitié», se désole un tontinier dont une partie des clients sont à Cadjehoun.

Les vendeurs ambulants aussi ont fait les frais de cette violence qui n’a visiblement épargné aucun secteur d’activité de la zone. Maman Reine, la quarantaine, vendeuse ambulante n’a plus remis pied à Cadjehoun depuis les altercations qu’elle a vécues en témoin oculaires. Elle qui venait rester dans un coin bien connu aux heures de pause, a désormais la peur au ventre.

«Depuis le 02, c’est aujourd’hui que je repasse par ici. Mes yeux n’ont jamais vu ce à quoi j’ai assisté. C’était seulement à la télévision on voyait les policiers pourchasser les citoyens pour des guéguerres politiques. Mais au-delà, j’ai perdu plusieurs clients qui parce qu’ils m’ont espéré en vain pendant une semaine, ont trouvé d’autres coins pour déjeuner désormais.

Les ateliers de couture et de coiffure ont également connu une baisse au niveau de la clientèle. Une patronne qui a requis l’anonymat s’est confiée sur son cas : «Certes, nous travaillons mais plus comme avant. Vous allez estimer que nous exagérons mais les dames qui étaient entrain de faire de la manucure quand les affrontements ont commencé se croyaient dans un film jusqu’à ce que les coups de feu ne tonnent. Elles étaient sous le choc et réfléchiront par trois avant de revenir vers nous. Où irons-nous les chercher ?».

Par Dorice DJETON

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

CAN 2019

CAN 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.

− 6 = 4