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Vente de l’électricité : «Notre propriétaire s’enrichit avec notre consommation», Jacques Tossè

Communément appelé le ‘’jus’’, l’électricité fait partie intégrante du quotidien des hommes et tous comptent sur elle pour une activité où une autre. Conscients de ce besoin crucial, certains propriétaires ont développé un véritable business autour de l’énergie électrique.

Quartier Agassa – Godomey dans la commune de Calavi. Il est 7 heures le samedi 17 août dernier. Célestin M vient d’intégrer sa maison. Il n’a pas la possibilité d’avoir dans un brèf délai, l’énergie électrique, car le dernier poteau électrique est à plus d’un km de lui. Aidé d’un électricien, ce jour-là, il tire les fils de chez un voisin jusqu’à son domicile.

Ainsi donc, il a souscrit à un abonnement informel qui consiste à payer le ‘’jus’’ selon un décompteur installé dans la maison du voisin. En clair, les clauses contractuelles consistent à calculer selon le Kw plus un bonus.

M. Célestin n’a pas le choix, c’est la seule issue pour lui pour surmonter cet handicap. Selon lui : «Tous les matins à l’aube, dès que je me réveille, je m’empresse d’écouter les nouvelles du jour grâce à la radio et le soir les informations à la télévision. Alors tout ceci n’est pas possible sans la disponibilité de l’énergie électrique. Il a d’autres besoins tels que charger les téléphones portables, ordinateurs sans oublier les lampes la nuit», a-t-il laissé entendre.

L’usage de l’énergie électrique est si indispensable que certains propriétaires s’en servent pour se faire de l’argent au détriment de la consommation réelle des usagers que sont les locataires.

En effet, les locataires qui ne disposent pas de décompteurs sont contraints d’acheter l’énergie consommée en fonction du prix fixé par le propriétaire. Ainsi, quelque soit leur consommation mensuelle, le montant à payer ne varie jamais.

Joël Kpiti, responsable d’une agence de livraison de courrier vit à Togba dans la commune d’Abomey-Calavi. Tous les mois, il débourse 6500 pour régler payer sa consommation d’énergie électrique.

«J’ai deux ampoules plus une prise. L’ampoule c’est à 1500 FCFA l’unité et la prise est à 3500 FCFA non négociable. J’y suis obligé parce que mes enfants doivent apprendre et je dois travailler sur mon PC à la maison», confit-il.

C’est le cas aussi de Fleuri Damonwa, enseignante vacataire à Calavi, qui doit dépenser pour sa consommation mensuelle 5500 alors qu’elle sort tôt et ne rentre que le soir après ses cours de 19h.

Si l’on tente de se convaincre que ce phénomène ne s’observe que dans les zones enclavées, le témoignage de quelques étudiants prouve que la pratique a aussi court dans la zone universitaire où certains étudiants sont obligés de souscrire à un tel abonnement auprès de leur propriétaire afin d’avoir à leur disposition l’énergie.

«Pour étudier, il nous faut nécessairement l’électricité. Parce qu’il est parfois difficile de se mettre sur le même compteur et de faire le dispatching en fonction de la consommation de chacun, le propriétaire exige le même montant de tous. Et donc, tous les mois, chacun paie 4000 FCFA à raison de 2 000 FCFA pour la prise et 1000 FCFA par ampoule», a laissé entendre un étudiant qui a requis l’anonymat.

Un véritable business surtout lorsqu’il y a plus d’une dizaine de chambres dans une maison. «Nous ne restons même pas à la maison pour consommer à hauteur de ce que nous déboursons», se désole, Christian Tamadaho, étudiant en 2ème année d’anglais à l’Université d‘Abomey-Calavi.

Si le business de l’énergie électrice s’avère être de très bonnes affaires pour les propriétaires, les locataires se sentent grugés et n’hésitent pas hausser le ton. «Notre propriétaire s’enrichit avec notre consommation. Nous ne voyons jamais la facture à payer. Mais on doit payer chacun 3800 par mois alors qu’on est 12 dans la maison. Il engrange ainsi 45 000 F CFA tous les mois pour une consommation qui n’excède même pas 20 000 F CFA», explique Jacques Tossè, vitrier à Womey.

Malgré cet état de choses, certains propriétaires se défendent et justifient leurs business.

«Le compteur principal coûte énormément. Il faut mener des démarches sur plusieurs mois avant de l’acquérir. De plus, il y a des frais d’entretien mensuel. Lorsqu’on laisse les locataires gérer la facture, ils s’entendent rarement autour des modalités de payement et un beau jour, la SBEE vient enlever le compteur. Pour l’avoir vécu par le passé, j’ai décidé de prendre la gestion de ma maison et de tout ce qui l’entoure en charge», explique papa Gratien, retraité et propriétaire à Kpota dans la commune d‘Abomey-Calavi. Comme quoi, à chacun son business.

Par Dorice DJETON

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1 COMMENTAIRE
  1. Azéglo Mawutô dit

    Que l’état fasse quelque choses à ce point si non ça ne va pas. Le kwatt est 100f voir même à 99f mais les gens soit disant propriétaires préfèrent prendre 250f voir 300f le kwatt. Due le Dg de la SBEE fait quelques choses.

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