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Procès en France d’un diplomate accusé avoir exploité un Burundais pendant 10 ans

Un ancien ministre burundais et diplomate à l’Unesco est jugé lundi aux côtés de sa femme à Nanterre près de Paris, le couple étant soupçonné d’avoir exploité pendant 10 ans un Burundais qui travaillait dans leur maison de la banlieue parisienne.

Les deux prévenus, qui contestent toute infraction, comparaissent pour «traite d’être humain», «travail dissimulé», «emploi d’un étranger sans titre» et «aide au séjour irrégulier». Ce sont des ouvriers intervenant dans la maison de Gabriel Mpozagara à Ville-d’Avray en banlieue parisienne qui ont signalé, en juillet 2018, la situation de cet homme.

Aujourd’hui âgé de 39 ans, il était arrivé de Bujumbura en 2008, initialement pour une période de 3 mois. Selon les parties civiles, il a alors dû travailler 19 heures par jour, 7 jours du 7, s’occupant du ménage, du jardin, de la cuisine, de la lessive, ainsi que des soins d’un des enfants du couple, un adulte souffrant de handicap.

L’homme était «insulté» et «rabaissé», dormait dans la cave sans conditions d’hygiène basiques, son passeport lui ayant été enlevé, décrivent les parties civiles, qui ajoutent qu’il devait recevoir environ 50 euros de rémunération par mois – une somme qui n’a pas été versée en intégralité.

Le diplomate «a été meurtri et très peiné» de «cette dénonciation qu’il considère comme calomnieuse et nous ferons en sorte de faire éclater la vérité», a déclaré à l’AFP Me Dominique Naveau-Duschesne, son avocate.

«Les pièces du dossier montrent les contradictions qu’il y a entre (les) déclarations (du plaignant NDLR) et la réalité», a-t-elle assuré, ajoutant qu’il s’agissait d’un «ami de la famille, qui était traité comme un membre de la famille».

Le couple avait été condamné en 2007 à Nanterre dans un dossier similaire, puis relaxé en appel. A l’époque, ce couple avait été accusé «d’avoir maintenu dans des conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité humaine» deux jeunes parentes, selon un communiqué le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), partie civile au procès de lundi.

Avec AFP

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