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Mort du président tunisien : le peuple reconnaissant pleure Beji Caïd Essebsi

Décédé le jeudi 25 juillet dernier, à l’âge de 92 ans, le président tunisien, Beji Caïd Essebsi a été inhumé samedi 27 juillet 2019. Suite à sa disparition, que retient de lui son peuple qui lui a rendu un vibrant hommage ?

Héritage économique, lutte contre le terrorisme, cadre règlementaire en faveur de l’émancipation des tunisiennes, réconciliation après l’ère Ben Ali avec l’Instance ‘’Vérité et dignité’’… Voilà autant de chantiers pour Beji Caïd Essebsi que son peuple pleure après sa mort, un peuple qui témoigné les honneurs dus à son rang.

Que retenir de lui sur le plan économique ?

Béji Caïd Essebsi, a été hissé à la tête de la Tunisie après une révolution où la question de la précarité économique était au cœur des revendications. En effet, là la fin de son mandat, la Tunisie n’est pas parvenue à améliorer la compétitivité de l’économie locale, tandis que les divergences sociales s’aggravent entre le gouvernement et les syndicats, dans un contexte marqué par la détérioration du pouvoir d’achat et de la balance commerciale du pays. Tout porte à croire que cinq ans après, le président Essebsi n’a pas pu sortir son pays de la crise économique, car la situation est telle qu’il faut des réformes. Et pour cause.

D’abord, il faut souligner le fait que, le pays connait une baisse de son taux de croissance qui a tendu vers 0% avant de croître à 2,1% en moyenne au cours des deux dernières années. Mais ces taux restent en deçà des 5% de croissance d’avant la révolution.

Cette situation économique découle du fait que le président défunt avait misé sur le dialogue économique et social pour booster l’économie.

Malheureusement, cette approche a été marquée par des tiraillements politiques et des divergences entre le gouvernement et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’historique et puissante centrale syndicale du pays.

Conséquence, la Tunisie n’a pas été en mesure de sortir de la crise économique, car entre l’UGTT et le gouvernement, on a préféré le ‘’conflit’’ au partenariat en ce qui concerne l’augmentation des salaires. Une perspective encadrée par le Fonds monétaire internationale (FMI), ce qui n’est pas du goût de l’UGTT. Cette dernière n’a cessé de dénoncer le FMI qui a exigé la nécessité de maîtriser les dépenses du gouvernement pour augmenter ses recettes, via une hausse du prix du carburant tout en contenant les hausses de salaire.

En parlant d’héritage économique du défunt président tunisien, il y a la situation du Dinar, la monnaie locale. Sous la pression des institutions de Breton Woods, le Dinar est flottant. Conséquence, le dollar équivaut à 3,03 dinars, tandis que l’euro s’échange contre 3,45 dinars (à leur meilleur taux). En somme, à la mort du Béji Caïd Essebsi, les indicateurs macro-économiques indiquent que son pays se trouve dans une situation peu reluisante.

Le terrorisme à son tableau de chasse

Si le président défunt n’a pas réussi sur le plan économique, le peuple reconnaissant lui vaut une grande admiration en ce qui concerne sa lutte implacable contre le terrorisme.

Dès sa prise de pouvoir, Béji Caïd Essebsi, a érigé la lutte contre le terrorisme en un impératif vital. Et sans risque de se tromper, il a obtenu une victoire décisive sur le terrorisme. En effet, avec la violence jihadiste résiliente et mutante, Béji Caïd Essebsi, a opté pour l’ordre sécuritaire strict malgré les stratégies des terroristes. Ceux-ci renouvellent constamment leurs combattants, s’adaptent aux évolutions intérieures et régionales sans changer pour autant leurs objectifs et leur référentiel idéologique. Et en la matière, le président défunt a fait de la lutte contre la menace permanente du terrorisme, une priorité.

Mieux, cette dernière a été marquée par une volonté politique claire et dépourvue de toute ambigüité. Il faut souligner qu’en Tunisie, l’implantation du terrorisme s’est accompagnée d’une double menace mettant en cause l’unité nationale et le principe même de l’Etat national.

En outre, la bataille pour la sécurité sous l’ère Essebsi, a affirmé sans aucune faiblesse, l’autorité de l’Etat. Ce qui s’est traduit par la répression radicale du terrorisme et éradication du crime organisé transnational.

Cette lutte a intégré une bonne articulation, car cette dernière, prend à la fois en compte la répression directe sur le terrain, la prévention, la valorisation de la sécurité globale et culturelle et humaine. Comme on le voit, le président Essebsi a mené et gagné efficacement cette lutte contre le terrorisme.

Emancipation des Tunisiennes

Avec le président Essebsi, le pays est régulièrement montré en exemple pour sa politique en faveur de l’égalité homme-femme. Béji Caïd Essebsi ne disait-il pas lui-même : «Avoir été élu par les femmes». Il avait soutenu les travaux de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité, menée par l’avocate Bochra Benhadj Mida, célèbre figure du féminisme. En héritier assumé de Habib Bourguiba, il voulait rester dans l’Histoire comme l’artisan d’une plus grande émancipation des femmes dans la société tunisienne.

Vers la transition pacifique

L’héritage de Béji Caïd Essebsi a fait craindre un scénario à la Bourguiba. C’est Moncef Marzouki, qui a dirigé la Tunisie de 2011 à 2014, la transition après la révolution qui a craint le pire. Mais il se réjouit finalement et laisse à la postérité que : «Malgré leurs désaccords politiques, la transition pacifique se profile en Tunisie».

Et les faits lui donnent raison, car après le décès du président tunisien Béji Caïd Essebsi, c’est le chef du Parlement, Mohammed Ennaceur, a été nommé président par intérim. Il a trois mois pour organiser une élection présidentielle.

Rappelons que le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a accédé à la présidence fin 2014 après une longue carrière politique et diplomatique. Son mandat a été marqué notamment par les soubresauts de la chute de Ben Ali.

En effet, après la révolution de janvier 2011, c’est Moncef Marzouki, qui a dirigé la Tunisie de 2011 à 2014, pour une période de transition. Le 26 octobre 2014, le parti anti-islamiste, Nidaa Tounes de Béji Caïd Essebsi, a gagné les législatives, devançant le mouvement islamiste Ennahdha, qui avait remporté fin 2011 le premier scrutin libre post-révolution.

Nidaa Tounes regroupe aussi bien des figures de gauche et de centre-droit que d’ex-dignitaires du régime de Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir début 2011 lors de la révolution.

Le 21 décembre 2014, M. Essebsi a remporté le second tour de la présidentielle face au président de la transition, Moncef Marzouki, devenant le premier chef de l’Etat élu démocratiquement de l’histoire du pays.

Par Germain TEKLY, correspondant en France

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