BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Libération des espaces autour de Tokpa : les vendeuses grognent, l’Etat durcit le ton

Depuis un certain moment, les espaces publics autour du marché de Tokpa sont récemment devenus des champs de guerre où les éléments de la Police républicaine mènent une bataille acharnée contre les commerçantes qui vendent au bord de la route.

«Notre gouvernement est ingrat. C’est nous le petit peuple qui les a mis au pouvoir sans demander rien en contrepartie. Mais regardez un peu la manière avec laquelle la police républicaine nous brutalise et nous chasse comme des voleurs, c’est triste», indique Esther, une vendeuse de souliers et d’habits de femmes.

«Où est-ce qu’on ira vendre maintenant ? J’ai acheté ces marchandises à crédit et l’échéance de payement s’approche. Que vais-je dire à mon créancier ?», S’interroge Sarah, visiblement fâchée.

Du matin au soir devant les boutiques qui leur servaient d’étalage pendant le bon vieux temps, l’atmosphère est morose, c’est comme si on avait affaire à des familles venues assister à des cérémonies de funérailles.

Assise sur les sacs de ses marchandises contenant des pagnes et des objets divers, Félicienne, la main droite sur la joue, est débordée par le chagrin. C’est la rentrée scolaire qui l’inquiète.

«Je croyais vendre ce stock vite pour acheter des fournitures scolaires pour mes enfants. Mais la situation a brusquement basculé. Je ne sais plus que faire», se lamente-t-elle.

Promenade libre La joie de respirer l’air frais et de se promener librement sans encombre se lit presque sur tous les visages des passants. Une femme qui préfère commenter sous couvert de l’anonymat, déclare que l’Etat a raison car les encombrements attiraient des voleurs.

«Le téléphone portable de mon amie a été volé au mois de juin au niveau de la pharmacie de 4 Thérapies. C’était toujours plein de gens, y compris des voyous», explique-t-elle.

Même les conducteurs s’en réjouissent. «Les vendeuses occupent tout l’espace, et la route devient trop petite. Chaque fois que je passe ici, je deviens stressé», affirme Martin, un chauffeur. Cependant, il y a des gens qui sympathisent avec les vendeuses.

«Ce n’est pas juste. On ne chasse pas les gens comme ça. On leur prépare des places. Et ces pauvres femmes se débrouillent pour subvenir aux besoins de leurs familles. Et puis il faut les avertir d’abord. Casser leurs tables et confi squer d’autres, ça ne se fait jamais dans une démocratie», martèle une femme, qui déclare que des actes pareils constituent les violations de droits de l’homme.

Ce sont les ordres «On a reçu des ordres de les évacuer au bord de la route et de tous les espaces publics. Nous, on fait notre travail dans le calme. On ne brutalise personne», se confie un policier qui monte la garde, sous le couvert de l’anonymat car il n’est pas autorisé à s’adresser à la presse.

«Ne t’en fais pas. Ces mamans vont revenir bientôt. Ce n’est pas la première fois qu’on les chasse. Le nouveau préfet va se fatiguer», raconte un passant, décontenancé.

En attendant que le préfet se fatigue, l’avenir reste sombre pour ces mères de familles rongées par la pauvreté et les discriminations à base de genre.

Par Issa SIKITI DA SILVA

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

CAN 2019

CAN 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.

− 5 = 4