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Le cantique du ministre Houssou

C’est une évidence, Jean-Claude Dona Houssou, le ministre de l’Energie, en matière de compétences, est l’un des meilleurs dans son domaine en Afrique. Mais pourquoi ce cadre déniché en France par Patrice Talon, refuse-t-il depuis trois ans qu’il est là, de nous proposer autres choses que notre actuelle dépendance aux vieilles énergies fossiles polluantes ? N’a-t-il pas compris que l’avenir n’est plus dans cette énergie déphasée comme celle de sa centrale de Maria Gletta 2 ? Pourquoi s’investit-il tant intellectuellement dans une logique ‘’rechemisée’’ ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Les énergies fossiles ne sont plus une option viable pour le Bénin. Cependant, Jean-Claude Dona Houssou, n’est pas dans cette dynamique. Que Sacca Lafia ou Barthélémy Kassa (suivez mon regard en son temps) jurent par cette énergie, l’actuel patron de l’énergie au Bénin, pourtant un cadre de EDF France, ne doit poursuivre dans cette même logique.

Et le voici dans son cantique à degrés intitulé : ‘’Maria Gletta 2’’. Quelques morceaux choisis de son antienne : «La centrale respecte les normes internationales environnementales en termes d’émission de gaz et de bruits…Tous les tests de performances qui ont été réalisés sur les sept moteurs ont été concluants… Tous ces éléments sont de très bonnes valeurs et qui nous confirment que cette centrale flambant neuve de dernière technologie est un joyau pour notre pays… Vous m’excuserez d’extérioriser ma joie, ma joie immense de voir que dans notre pays, des projets majeurs peuvent commencer à l’heure et finir même avant l’heure. C’est le cas aujourd’hui, de ce projet majeur de 127 mégawatts qui, même à la réception a fourni même exactement 129,08 mégawatts».

Après son motet, je comprends l’attise de Patrice Talon qui a laissé à la postérité que : «Je suis ravi de voir se concrétiser ce projet cher aux yeux de tout le peuple béninois. Avec méthode et rigueur, nous y sommes arrivés. L’énergie est désormais au cœur du Bénin, terre d’opportunités» a écrit sur son compte Facebook, le chef de l’Etat.

Avec cette centrale (qui a été inaugurée le 29 août dernier), il faut rendre, à César ce qui lui revient, et reconnaitre que la ‘’Rupture’’ a réussi là où le ‘’Changement-Refondation’’ a échoué. Résultat, même si le délestage continue comme c’est le cas encore hier 1er septembre 2019, cette centrale prévue pour 50 ans dit-on, va permettre d’atténuer dans une certaine mesure, les souffrances des béninois qui ont souffert de manque d’énergie pendant des décennies.

Mais pourquoi une telle volonté inébranlable de Jean-Claude Houssou de continuer par miser sur un réseau électrique vieillissant faute d’investissements conséquents pour booster notre mix énergétique national ?

En effet, le ministre Houssou au regard de sa fulgurance, sait très bien que l’avenir n’est plus dans les énergies électriques fossiles mais dans les énergies renouvelables (solaire ou éolienne). Et il sait que le Bénin remplit les conditions naturelles optimales aussi bien avec le soleil que le vent.

En effet, avec 220 jours d’ensoleillement par an, il faut compter sur le soleil comme une ressource naturelle inépuisable afin de soutenir le développement des énergies renouvelables. En outre, il sait que le Bénin, a également des conditions idéales de vents qui déferlent sur le territoire. Au regard de tout cela, il suffisait de décliner des projets originaux et ambitieux.

Avec l’énergie solaire et éolienne, les activités agricoles et industrielles, ne sont pas handicapées. Quand on occupe 50 ha pour une centrale comme Maria Gletta 2, il faut à peine 2% pour un parc éolien. Sans compter qu’avec ces énergies, on réduit de manière drastique les fonds colossaux dépensés pour le dédommagement des propriétaires fonciers.

Sur le plan environnemental, les énergies renouvelables ne nécessitent aucun carburant, ne créent pas de gaz à effet de serre et ne produisent pas de déchets toxiques contrairement à une centrale comme Maria Gletta. Les énergies électriques renouvelables contribuent à long terme au maintien de la biodiversité des milieux naturels. Ce ne sont pas des énergies de nature à dégrader la qualité de l’air, à polluer les sols avec des suies et des cendres. Sans oublier que pour une centrale comme Maria Gletta 2, il faut toujours avoir l’œil sur le cadran du prix du baril de pétrole si on tient à faire des économies d’échelle. Ce qui est rare.

En ce qui concerne le financement des énergies renouvelables, il y a des partenaires multilatéraux qui accompagnent davantage les pays africains qui font une priorité. C’est le cas de l’Union européenne par le truchement de la Banque européenne d’investissement. L’exemple du Sénégal avec le parc de Taiba Ndiaye est là.

Au lieu d’être dans l’autosatisfaction, le ministre Houssou doit comprendre qu’il faut sortir d’une dynamique lente de l’énergie thermique. Le développement du Bénin passe par les énergies renouvelables. A s’y méprendre…

Par Titus FOLLY

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