BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Crise électorale : simple pansement

Quel impact la nouvelle équipe gouvernementale formée par Patrice Talon aura sur la crise électorale? Que feront Sacca Lafia et Sévérin Quenum, deux gros acteurs de cette crise qui viennent de recevoir de l’oxygène en guise de ‘’travail bien fait’’ ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Médiation, certificat de conformité, répression et poursuite des manifestants… sont des dossiers qui démontrent à plus d’un titre que la crise électorale va se poursuivre. Si sur ce sujet, les désaccords entre Patrice Talon et son peuple étaient déjà flamboyants, ce remaniement du 5 septembre 2019, n’y changera rien. Et pour cause.

Patrice Talon a encore fait confiance à deux acteurs clés de la crise. Il s’agit des ministres Sacca Lafia de l’Intérieur et Sévérin Quenum de la Justice. Depuis au moins cinq mois, ces deux membres du gouvernement sont au front dans des rôles de bucheron et de sculpteur.

Prenons le cas de Sacca lafia, auréolé par la confiance de Patrice Talon. Quel sera le sort réservé au certificat de conformité par lui qui fait semblant de les remettre à l’opposition ? Avec ce remaniement, Patrice Talon vient de nous démontrer à plus d’un titre que son régime n’est confronté à aucune crise de régime (ni présidentielle ni parlementaire). Sacca Lafia va-t-il alors changer de posture ?

En ce qui concerne la remise des certificats de conformité, ce remaniement n’offre aucune clé pour une sortie de crise. Mieux, il faut craindre que les positions déjà radicalisées le demeurent encore davantage.

En effet, la confirmation de Sacca Lafia au poste de ministre de l’Intérieur, est une invite à poursuivre sur la même lancée. Dans ces conditions, l’opposition ne bougera pas d’un iota quand on lui demandera encore dans les termes d’injonctions de se soumettre avant de récupérer ses certificats de conformité.

Qu’en sera-t-il de Sévérin Quenum, le patron de la Justice qui sait user des stéréotypes diffusés entre indignité et humiliations ? Les craintes du peuple sont légitimes quand on sait qu’il veille correctement sur l’appareil judiciaire du pays.

Avec ces deux ministres, la formation du nouveau gouvernement semble être un gage pour un confort institutionnel tout comme si de rien n’était.

En effet, depuis la formation du gouvernement, les proches du régime de la ‘’Rupture’’ ont davantage laissé entendre que les mécanismes constitutionnels donnent droit au chef de l’Etat de former son équipe gouvernementale sans tenir compte de la crise qui secoue le pays.

De ce fait, ce remaniement n’est donc pas pour régler la crise mais pour traduire l’action de diriger en ‘’parfaite cohérence’’ avec les orientations définies et confirmées par Patrice Talon depuis avril 2016, orientations qui martèlent partout : «Réformes».

Et sur ce terrain, les réformes vont se poursuivre sans encombre, car peu importe les noms de celles et ceux qui composent le nouvel exécutif. Et la Constitution de 1990 largement dévoyée est en mesure de permettre à Patrice Talon de “déterminer et de conduire la politique de la Nation” sans encombre.

Du point de vue des présentes observations, il s’agit maintenant de savoir si la crise politique, non définitivement réglée, est susceptible de déboucher sur une véritable crise de régime. Le contraire ne va pas surprendre les observateurs avertis. Et pour cause.

Ce remaniement ne parviendra pas à obtenir un soutien franc et stable de la part du peuple souverain. Surtout qu’au regard du taux de défiance de 73% lors des dernières législatives du 28 avril 2019, car entre l’ancien gouvernement et le nouveau, les éléments de continuité vont donc se poursuivre pour le même autoritarisme.

Par Titus FOLLY

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

CAN 2019

CAN 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.

− 2 = 8