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Amis de la plume…

En moins de six mois, trois grands amis des médias ont rejoint l’Eucharistie éternelle. Le dernier que nous pleurons encore et que nous allons inhumer le samedi 3 août 2019, a nom Marcel Alain de Souza. Avant lui, il a eu récemment Moise Mensah et Jean Félix Agbayahoun.

Dans une classe politique où règne une majorité de gens hautains qui font le “média bashing” et prêts à la moindre incartade au phénomène des ‘’procédures-bâillons’’, ils étaient eux, aux antipodes de tout cela. C’est donc le moment de nous incliner devant la mémoire de ces trois grands commis de l’Etat dans l’exercice de l’éditorial du jour,

Moise Mensah et Marcel de Souza ont été chacun ministre. Le premier était aux Finances sous Kérékou 2 tandis que le second était au Développement durant le mandat de son beau-frère de président, Boni Yayi. Quand en tant que journaliste, vous avez une information sensible sur un acte relevant du département ministériel sous leur égide, chacune de ces deux personnalités pour vous satisfaire convoquaient une réunion du cabinet avec les directeurs sectoriels pour vous donner les informations. Ces deux ministres étaient exceptionnels en la matière.

Donner ou contredire une information, documents à l’appui, Moise Mensah en avait fait une marque déposée à partir de 1996 quand Mathieu Kérékou lui confia les rênes des Finances. Il était aidé dans cette tâche par son directeur de cabinet adjoint, Jean Félix Agbayahoun, également très à l’aise dans cet exercice. Quand les deux se sont retrouvés au Haut-commissariat à la gouvernance concertée, ils ont poursuivi cette philosophie.

Dans ce registre également, je vouais également une admiration particulière à Marcel de Souza, car à son époque, sous le ‘’Changement-Refondation’’ impulsé par son beau-frère de président de la République, Boni Yayi, la relation entre la presse et la classe politique s’est dégradée. Des journalistes étaient déclarés persona non grata. Des plaintes pleuvaient tous azimuts avec à la clé un “média bashing” (dénigrement des médias). Cependant, Marcel de Souza n’a pas changé ses cartons.

Mieux dans la droite ligne de l’exécution de ses plans médias, Marcel de Souza, en dépit de notre position contre les abus du système politique en cours, nous sollicitait pour échanger.

Dans son rôle de président d’organisation de la Table ronde des partenaires que le Bénin a organisée du 17 au 19 juin 2014 à Paris, Marcel de Souza a été un président sémillant. Au lieu, de chercher à diffuser des messages formatés à ses seules convenances, ou tentant à taire des informations mettant en cause le gouvernement dans les ‘’extras’’ de cette table-ronde, il a laissé les médias faire leur travail.

Marcel de Souza était un partenaire des médias J’ai encore en mémoire ce souvenir vivace dans le cadre de sa campagne électorale pour la présidentielle de 2016. A cette occasion, en dépit de tout ce que certains de ses proches lui disaient : «Titus est imprévisible», il a accepté que je sois son contradicteur sur la chaine Sikka TV dans l’émission ‘’100% Bénin’’. Dans ce débat très polarisé, il a pris mes coups au nom de son beau-frère de président dont le pouvoir a étiolé nos acquis démocratiques.

Malheureusement, ce qui nous attendait à l’issue de la présidentielle de 2016 et que nous vivons depuis la prise de pouvoir de Patrice Talon est insoutenable, comparativement à l’époque Boni Yayi que je dénonçais.

Maintenant sous le ‘’Bénin révélé’’, on constate l’influence de débats médiatiques publics biaisés. Ces derniers sont davantage télécommandés pour la gloire de la ‘’Rupture’’.

En effet, sur nos chaines publiques, on constate une fréquente confusion entre “les faits et les opinions”, ainsi qu’entre journalistes et invités. Dans le même temps, ceux qui ne font pas le jeu ou qui sont jugés trop curieux, sont intimidés.

Ce qui fait qu’on recherche encore des hommes singuliers comme Marcel de Souza. Et nous sommes au regret de constater à l’heure des mensonges et des manipulations qu’il n’y en a plus. Ce qui affaiblit la démocratie dont la liberté d’informer et d’être informé est un des piliers.

Que Marcel Alain de Souza, Moise Mensah et Jean Félix Agbayahoun dorment du repos des justes. Mais la seule ombre au tableau de chacun d’eux, c’est qu’ils ont toujours refusé malgré notre plaidoyer de souscrire à un témoignage mémoriel. Objectif, parler de leur vécu quotidien et de leur parcours mémorable de grand fonctionnaire d’Etat aux générations futures. Et c’est en cela que je salue avec déférence, le ministre Antonin Dossou, qui vient de publier, il y a quelques jours, ‘’Partage’’, en guise de témoignage relativement à sa carrière.

Par Titus FOLLY

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